Oct 22, 2014

Réhabiliter en soi, l’inestimable valeur d’être maman


Rebonjour! Comme je n'ai pas publié depuis un bon moment, aujourd'hui je vous fait un deux pour un!! Ce deuxième texte est une magnifique réflexion par Madeleine Vallée, bloggeuse invitée qui se trouve aussi être ma Maman. Bonne lecture!

«Des babillages d’enfants attirent notre attention et suspendent le cours des conversations. Les têtes se tournent et les regards s’émeuvent. Il suffit d’un rire esquissé par le poupon de trois mois pour attiser les sourires. Qui peut résister à l’enthousiasme d’un tout-petit ?

Sous la table, la grande sœur de 3 ans se construit une maison entre les pieds des grands. Des oursons en peluche prennent un thé imaginaire, pendant que les adultes partagent un repas de famille, en ce dimanche midi d’automne.

Bientôt, les échanges convergent vers les gloires et surtout les vicissitudes de la maternité. Deux jeunes mamans, leur bébé au sein, discutent de la fatigue de l’allaitement, du peu de répit entre les boires, de leur vie complètement centrée sur les exigences du nourrisson; de leur vie complètement chamboulée bien au-delà de leur anticipation.

Assise à l’une des extrémités de cette belle tablée, j’écoute, je regarde et je me souviens.
Ces propos me ramènent 20 ans en arrière, au moment du maternage de mes jeunes enfants. Le temps a filé si rapidement, et voici notre progéniture déjà plongée dans le tourbillon de la vie de famille. Il me semble qu’hier encore nos jeunes discutaient cinéma et nouvelles tendances et non pas de couches lavables et d’essoufflement parental.

Ce qui me saisit dans le ton et les propos, c’est la similitude des préoccupations et des écueils…20 ans plus tard. Et j’ai le cœur qui se serre.

Je me revois. Jeune professionnelle harponnée par la maternité et ses secousses, nullement préparée à ce tourbillon qui m’avait déporté… en dehors de ma zone de contrôle.

Jeune femme, féministe militante et renseignée, j’avais abordé la maternité comme une extension normale de ma vie de femme active. La carrière bien amorcée, l’amoureux bien engagé, il allait de soi de céder à ce désir inopiné d’enfant et de faire un peu de place pour passer de la vie de couple à la vie de famille, de troquer l’appartement pour la maison et la voiture compacte pour la fourgonnette. Je pouvais gérer ou, plus précisément, j’avais l’illusion que nous, mon conjoint et moi, pourrions gérer tout ça aisément, comme le font tous les couples. Facile. Banal. Les bébés viennent au monde depuis toujours, non?

Flashback: Maman Madeleine et bébé Laurie
ERREUR. La réalité m’a complètement déstabilisée. D’abord, le douloureux constat que la mise au monde d’un enfant devient d’abord la responsabilité à temps complet ... seconde après seconde, de la mère. Malgré mon discours féministe bien ficelé et la conviction d’avoir un couple ouvert et un père concerné, j’ai rapidement réalisé que la gestion familiale repose sur les épaules de la maman…avec le concours de papa. Elle assume, lui participe. La nuance est sidérale. On devient maman avec toutes les fibres de notre corps et on ne l’oublie pas un seul instant. Dans la tête d’une mère, il n’y a pas de compartiments étanches entre le bien-être des rejetons et les autres occupations; tout cumul et s’amoncelle.

J’écoute ces nouvelles mamans partager les mêmes constats, la même cinglante désillusion : les rôles parentaux ne sont pas interchangeables. Il y a bel et bien un déterminisme féminin tout à fait distinctif et instinctif.

J’avais espéré que mes illusions dataient d’une époque révolue et que les jeunes femmes étaient désormais plus à l’aise dans la prise en charge de leur maternité, comme partie intégrante de leur féminité. Et en ce sens, elles auraient opposé moins de résistance à vivre pleinement leur maternage, sans crainte de sombrer dans un total abrutissement ou d’avoir à rattraper ce précieux temps volé à leur réussite professionnelle.

Je l’avais espéré, car avec le recul, j’ai pleinement réalisé que si j’avais été mieux préparée à la vie de mère, j’aurais vécu si différemment cette intense période de ma vie. Au lieu de subir, j’aurai accueilli. Au lieu de fléchir sous la litanie des tâches à accomplir, des corvées à effectuer, j’aurai accepté cette réelle métamorphose sans crainte de me perdre, sans me sentir totalement aspirée.

Je me suis fait violence, par pur conditionnement. J’ai voulu tout accomplir de front, élever mes enfants, rester intellectuellement à jour, offrir une prestation professionnelle soutenue, contribuer équitablement au revenu familial etc. Tout absorber et tout réussir sans accepter de m’arrêter, sans m’accorder le droit de choisir et surtout de me déculpabiliser, en me concentrant prioritairement au bien-être de ma marmaille, le temps requis. Être mère, complètement et totalement présente, de corps et d’esprit.

Je constate, en regardant ces nouvelles mamans, en écoutant leurs craintes et leurs aspirations écartelées entre bébé et boulot, que nous avons encore, comme société, des changements majeurs à effectuer pour que les mères soient valorisées et surtout pour qu’au tréfonds d’elles-mêmes ces déchirements et ces désillusions cessent de les accabler.

Le poids des mémoires collectives et de la dévalorisation du rôle de mère sont encore si lourdement incrustés dans notre psyché. Malheureusement. Car cela détourne les jeunes mères de l’infinie richesse d’être présente, tout entière, à leurs jeunes enfants, sans vouloir fuir par crainte d’esquinter leur identité. L’énergie déployée à contrer cette dichotomie intérieure draine une énergie foudroyante!

Je rêve que tout ce potentiel soit redirigé vers les femmes, vers leur bien-être, pour qu’elles se choisissent en tout premier lieu et s’accordent tout le crédit et la profonde valeur qu’être mère et materner ses enfants représente. Cela est d’une inestimable valeur, pour tous.
Or, elles seules peuvent s’accorder ce mérite, contrecarrer le poids de notre histoire et des valeurs actuelles, car rien de les prédisposent favorablement au rôle édifiant qu’être mère signifie dans le parcours d’une femme. Bien au contraire.

Devenir mère ne va pas de soi, comme on le présuppose. Il faut s’y préparer.

Cette étape préparatoire à la naissance s’apparente à une réelle réhabilitation de la maternité dans le corps, le cœur et l’a psyché des femmes. Cela s’impose, pour enfin s’extraire du carcan culpabilisant de la performance et s’abandonner, au lieu de résister, aux transformations qu’opère la naissance dans la vie de toute femme.

Chaque maman en devenir devrait faire le vide du poids de ses mémoires, de son lourd héritage socioculturel et familial pour créer un espace intérieur favorable, sécurisant et indulgent; pour s’accorder l’espace affectif et le temps d’être totalement maman, de vivre avec plénitude et puissance cette facette si importante de sa féminité.

Aujourd’hui, j’ai l’âge et le statut de grand-mère et c’est avec un indicible plaisir que je me glisse sous la table pour aller prendre le thé avec les oursons et notre adorable hôtesse, et je sirote tout doucement mon breuvage imaginaire en ne voulant pas en occulter un seul instant.

Je ne peux recréer les moments perdus avec mes enfants alors que j’étais présente de corps, mais l’esprit et le cœur lessivé par tant d’aberrants paradigmes. Les tout-petits nous ancrent dans le moment présent, dans l’ici et maintenant, car le bonheur ne se reporte pas, ne se bouscule pas. Il se vit dans le lâcher prise et l’instantané; dans ces retrouvailles primordiales avec soi-même, dans l’appréciation du grandiose d’être femme.

Et c’est ainsi, à l’issu de ce travail tardif de libération de mes mémoires et de revalorisation de ma féminité, que je choisis maintenant de cultiver précieusement mon inestimable valeur de grand-maman.»

Madeleine Vallée

T'a pas peur d'accoucher?

Souvent, lorsque je discute avec des amis ou connaissances, le sujet de la conversation dérive souvent autour de la naissance (surprenant, hein?). Qu'ils soient des membres de la famille, des jeunes adultes sans enfants, des rencontres de voyage, des amis de mes parents, ou des clientes, à presque toutes les fois la conversation va comme suit:

Interlocuteur: «Et toi, tu veux des enfants?»

Moi: «Mais bien sûr! J'ai tellemene hâte de vivre cette belle expérience à mon tour.»

Interlocuteur: « Mais, t'a pas peur de l'accouchement?»

PEUR... Ce mot revient si souvent lorsqu'on parle de naissance et de maternité. Pas seulement de la part d'amis sans enfants qui ne s'y connaissent pas vraiment en accouchements, mais presque partout, et incluant surtout les mamans sur le point d'accoucher...

Peur de la douleur, peur de déchirer, peur de saigner, peur que le bébé ne soit pas en santé, peur de mourrir, peur que l'accouchement soit long, peur de ne pas être à la hauteur comme maman, peur de ne pas pouvor allaiter, peur que le vagin ne revienne pas comme avant, peur d'avoir les seins tout mous après l'allaitement, peur de la césarienne, peur de ne pas perdre le poids de la grossesse, peur de la charge que représente le maternage, etc, etc, etc.

La peur est le pire ennemi de la femme qui accouche. Lorsqu'on a peur, on relâche de l'adrénaline, qui peut venir tout bousiller le fragile équilibre des hormones qui régissent le processus de l'accouchement, entraîner des interventions, et créer des complications. Lorsqu'on est dans la confiance et non dans la peur, on met toutes es chances de notre côté pour que tout aille bien.

Pour y arriver, la meilleure chose à faire est de s'y prendre d'avance pour cerner et se débarrasser de nos peurs. Idéalement avant même de devenir enceinte. N'attendez pas les dernières semaines de grossesse pour exprimer et régler vos peurs.

Mais d'ou viennent ces peurs? En grande partie, elles sont générées et alimentées par notre milieu culturel, les médias, et même la religion, qui entretiennent des visions distortionnées et exagérées de l'accouchement. Pour un effet dramatique? Pour mieux contrôler? À quand des émissions grand public qui offrent une belle vision de l'accouchement? L'imaginaire collectif est peuplé d'histoires d'horreur autour de l'accouchement, on raconte tous les pires récits qu'on a pu entendre, mais on ne raconte pas les beaux. Pas assez accrocheur? Manque de sensationnalisme?

Oui, il est vrai que les complications ça existe et qu'il y a des femmes qui ont des expériences difficiles. Mais en focusant sur ces histoires, on alimente la peur et on oublie toutes les belles naissances, de crainte de faire de la peine aux femmes qui n'ont pas eu une aussi belle expérience.

Il est important aussi de savoir que certaines complications peuvent découler de blessures et de traumatismes non-réglés, par rapport à votre propre naissance, votre sexualité, votre estime de soi, ou un accouchement précédent. L'une des pires chose à faire est de se croire au-dessus de ces blessures et de ces peurs, car celles-ci ont cette tendance à nous rattraper lors de nos moments les plus vulnérables, comme lors d'un accouchement. Oui, c'est diffile d'aller jouer là-dedans, c'est des zones sensibles et ça fait mal. Mais une fois les blessures réglées et les mémoires difficiles libérées, les peurs qui leurs sont reliées cesseront d'exister.

La première chose à faire est de verbaliser ses peurs. Parfois, c'est tout ce que ça prend. Le simple fait d'exprimer sa peur à haute voix la rend déjà plus petite. Il existe aussi une multitude d'outils pour se départir de nos peurs. Commencez tôt à vous préparer. Avant même de devenir enceinte, faites vos recherches pour trouver les outils pour vous libérer de vos blessures et de vos peurs. En début de grossesse, essayez d'obtenir un suivi sage-femme, ou embauchez une accompagnante à la naissance, qui sauront vous aider à déconstruire vos peurs l'une aprés l'autre, et vous orienter vers des outils pour aller plus loin. Lisez, regardez, et cherchez des récits positifs, qui mettent en confiance au lieu de créer de l'angoisse. Les outils sont là, il suffit d'aller les chercher. Il est important aussi que le père adresse et règle aussi ses peurs, car celles-ci peuvent influencer la mère et nuire au processus, la peur étant contagieuse.

Il existe des thérapies alternatives pour ceux qui aimeraient tenter l'expérience. Hypnose, traitements en énergie, rebirth,  ce ne sont que quelques exemples de ressources qui existent pour aider à aller à la source de nos blessures et de nos peurs.

Non, je n'ai pas peur d'accoucher. En maison de naissance, où je travaille, les beaux accouchements sont la norme. Oui, j'ai vécu quelques urgences, mais jamais je n'ai douté des habiletés des sages-femmes à gérer la situation. De plus, je travaille fort sur moi-même depuis des années à faire la paix avec ma propre naissance et guérir mes blessures, ce qui me permet d'être plus en confiance avec la vie et mieux connectée à mon intuition. Je m'entoure de belles histoires et de positivisme, et je ne regarde pas de télé-réalités sensationnalistes sur les accouchements. Et maintenant, à votre tour!

Bonne journée!

Oct 11, 2014

Atelier sur la naissance et quelques mises à jour...

Bonjour! Voilà un bon moment que je suis venur écrire sur cet espace. Mes articles risquent d'être plus espacés, mais ils continueront à être publiés à l'occasion,  il me reste tout plein de sujets en tête pour vous!

Ces derniers temps, ma collègue Amélie Blanchette et moi avons monté un atelier éducatif pour les enfants d'âge scolaire. J'en avait fait mention dans un article précédent que vous pouvez lire ici.

Les essais en classe ayants été fructueux, nous offrons maintenant cet atelier at large, et avons maintenant un site web expliquant notre programme! Je vous invite fortement à le consulter et à le partager. L'adresse est la suivante: www.ateliernaissance.com 

Ma collègue Amélie Blanchette a d'ailleurs écrit un bel article à ce sujet sur son propre blog que vous pouvez consulter ici: Pourquoi offrir un atelier sur la naissance aux enfants?

Si vous aimeriez voir cet atelier dans l'école de votre enfant, n'hésitez pas à en parler et à partager notre site web! Vous pouvez nous contacter à l'adresse suivante: ateliernaissance@gmail.com

Pour toute question, vous pouvez aussi me joindre au numéro suivant: 450-675-4266

À bientôt!