May 4, 2014

Comment mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre allaitement

Bonjour! Je reviens d'une formations très enrichissante sur l'allaitement et l'initiative Amis des bébés. Cette formation m'a donné tout plein d'outils pour pouvoir mieux préparer et aider les mamans en allaitement. Une chose m'est restée. Que si on respecte certains conseils de base, on a toutes les chances de réussir. Malheureusement, dans le système actuel, beaucoup de ces conseils, ou recommandations (qui commencent dès la naissance) ne sont pas respectées, soit à cause de protocoles hospitaliers, soit pour des causes sociales et/ou un manque d'information. Bien sûr, ça arrive des problèmes d'allaitement, mais en respectant ces conseils de base, on élimine la grande majorité des problèmes potentiels. Ceux qui restent sont du cas par cas...

Alors, voici, point par point, les notions de base pour mettre toutes les chances de son côté pour réussir son allaitement:

- Se préparer d'avance. L'allaitement, ça commence avant l'accouchement. La mère prend sa décision, s'informe, et se prépare à cette belle aventure. Il n'y a aucune préparation des seins à faire, tout se passe au niveau psychologique. Pourquoi pas suivre un cours de préparation, ou entrer en contact avec une marraine d'allaitement ou un groupe de support à l'allaitement d'avance? Il existe aussi de nombreux excellents livres sur l'allaitement comme L'art de l'allaitement maternel, par la Ligue la Leche, et Le guide de l'allaitement naturel: nourrir son enfant en toute liberté, par Ina May Gaskin. Trouvez aussi un lieu d'accouchement où le personnel est formé en allaitement et où les protocoles sont favorables à l'initiation de l'allaitement, comme un hôpital ''Ami des bébés'', ou un service Sage-femme.

- Le peau-à-peau: Si tout va bien, le bébé doit être placé, nu, peau contre peau sur la poitrine nue de sa mère. Cela les aide à faire connaissance, permet au bébé d'apprivoiser le sein, le garde au chaud et en sécurité,  et aide la mère à sécréter les hormones de l'allaitement, la prolactine et l'ocytocine. Ce contact permet à la mère et au bébé de s'apprivoiser, et aide la mère à reconnaître rapidement les signes que son bébé est prêt à téter. Souvent, ce contact donne envie au bébé de commencer à chercher le sein, car il sent la bonne odeur sécrétée par les mammelons de sa mère.

- Initier l'allaitement dans la première heure de vie du bébé: Offrir le sein au bébé dans sa première heure de vie, même s'il ne fait que léchouiller, aide la mère à sécréter de la prolactine, cette hormone responsable de la production de lait. Plus la mère sécrète de prolactine à la naissance, plus elle met les chances de son côté pour réussir son allaitement et avoir une bonne production de lait par la suite. Beaucoup de bébés sont prêts à téter très rapidement après leur naissance. On peut aussi encourager le bébé en faisant sortir une goutte de colostrum et en le laissant aller la lécher, ce qui lui donnera le goût d'aller en chercher plus.

Dans un cas où il n'y a pas eu de contact aces le bébé dans la première heure, il faut absolument qu'il y ait une stimulation des seins dans les 6 heures suivant la naissance. Même une stimulation manuelle des seins (par exemple si le bébé est trop mal en point et hospitalisé) peut faire toute la différence. Plus on attend, moins il y aura de prolactine sécrétée. Par la suite, il peut être très difficile de rattraper le retard...

- Une bonne prise au sein: L'une des premières causes d'arrêt de l'allaitement est la douleur. Et dans la grande majorité des cas, la douleur est causée par une mauvaise prise au sein. Allaiter n'est pas supposé faire mal. Alors qu'est-ce qu'une bonne prise au sein?

Le bébé doit avoir la bouche ouverte à 90 degrés ou plus et les lèvres retroussées. Son menton doit toucher au sein et son nez doit être libre, et la lèvre inférieure doit couvrir plus d'aréole que la lèvre supérieure. La langue du bébé doit s'avancer et couvrir la gencive inférieure. La mère ne doit pas ressentir de douleur, et le mamelon doit rester inchangé après la tétée.
Exemple d'une bonne prise au sein
- Une tétée efficace: On doit être capable de voir que le bébé avale. Lorsqu'on bébé avale, on peut entendre un léger bruit de claquement, et en même temps son menton s'arrête de bouger pour un instant, le bébé semble prendre une pause juste avant d'avaler. Souvent, juste avant d'avaler, le bébé ralentit sa cadence de tétée. Le bébé doit être détendu après la tétée, prendre du poids de façon régulière et il doit faire ses selles et uriner en quantité suffisante. Souvent, la tétée efficace et la bonne prise au sein vont de pair.

- Se faire confiance: La mère doit être convaincue et avoir confiance en sa capacité d'allaiter.  Qu'elle s'entoure de gens qui ont aussi confiance en elle et savent l'aider et l'encourager. Le père doit aussi participer au processus et savoir aider et encourager sa compagne.

- Trouver une position confortable: Il existe de nombreuses positions pour allaiter, chaque femme a sa préférée. L'important est d'être confortable et d'être capable de se détendre et de relaxer durant l'allaitement. Les positions couchée et semi-couchée sont des très bonnes options que beaucoup de femmes adorent.

- Allaiter à la demande, et sans limiter la durée des tétées: l'allaitement à la demande de l'enfant a de nombreux avantages. Elle permet d'établir la production lactée plus rapidement et de la maintenir, et de répondre aux réels besoins nutritionnels de l'enfant (nous aussi, on peut avoir des fringales à des horaires variables, non?). Elle permet aussi au bébé d'apprendre à gérer son propre appétit et de reconnaître ses signes de faim et de satiété. L'allaitement à la demande aide aussi à diminuer la perte de poids du bébé, à éliminer le méconium plus rapidement et à diminuer l'incidence d'ictère (jaunisse).  Elle peut aussi éviter les moments pénibles à ballader un bébé qui hurle ''parce que ce n'est pas encore l'heure''.

- Respecter les tétées de nuit. La nuit est le moment où la mère sécrète le plus de prolactine, l'hormone responsable de la production du lait. Il est extrèmement important de respecter les tétées de nuit pour maintenir une bonne production de lait. Si un papa veut aider sa conjointe la nuit, au lieu de donner un biberon, pourquoi pas simplement aider le bébé à se mettre au sein et le surveiller, sans que la mère ait à se lever?

- Ne donner au nouveau-né aucun aliment ou boisson autre que le lait maternel, sauf indication médicale (ex. médicaments, bébé déshyraté, etc). Lorsqu'on offre des suppléments à un bébé qui n'en a pas besoin, ceci peut influer négativement sur la poursuite de l'allaitement maternel ainsi que sur la santé du bébé. De plus, comme l'allaitement fonctionne sur une base d'offre et de demande, si on donne un biberon à un bébé au lieu de le laisser téter, la demande diminue, et donc la production peut diminuer aussi.

- Ne donner au bébé aucune tétine artificielle (suce, biberon, etc). Ceci pourrait causer une confusion sein-tétine et nuire à sa capacité de téter correctement et efficacement au sein. Ceci pourrait aussi entraîner un refus du sein car le biberon est beaucoup plus facile à prendre et demander moins d'efforts. Dans un cas où une supplémentation est médicalement requise, il existe des dispositifs pour supplémenter le bébé au sein, ce qui évite une confusion sein-tétine, tout en continuant de stimuler la production lactée de la mère.
Dispositif d'aide à l'allaitement, qui permet de supplémenter un bébé qui en a besoin tout en le gardant au sein et en évitant l'utilisation de tétines. 
- Ne pas laisser le bébé avoir froid: un bébé qui a froid dépense énormément d'énergie, ce qui pourrait le rendre plus fatigué et donc moins effecace durant la tétée, et lui faire perdre plus de poids, ce aui pourrait ensuite porter à croire qu'il n'y a pas assez de lait.

- Éliminer les sources de stress: L'ocytocine, l'hormone responsable du réflexe d'éjection du lait, est inhibée lorsqu'il y a présende d'adrénaline (de stress). Donc, si la mère est dans un environnement stressant, ou en présence de gens qui la stresse, cela peut inhiber son réflexe d'éjection et empêcher le lait de couler...

- Avoir un réseau de support: Une maman qui allaite a besoin d'un réseau d'aide, et aider une maman allaitante ne signifie pas de donner un biberon pour la laisser dormir. C'est l'aider avec les tâches de la maison, lui faire de bons petits plats, donner un coup de main avec les autres enfants,  lui faire des petites attentions et être à l'écoute. Il est aussi possible pour le papa d'aider sa compagne et de créer des petits moment spéciaux avec le bébé sans avoir à donner le biberon: il peut lui donner le bain, jouer avec lui, le promener, le porter, le masser, etc.

- Aller chercher de l'aide en cas de problème: N'attendez pas d'être au bout du rouleau et d'être sur le point d'abandonner pour demander de l'aide. Il existe de nombreuses ressources pour aider à l'allaitement, des groupes d'échanges, des marraines d'allaitement, des accompagnantes en post-partum et des consultantes en lactation. Si il y a des difficultés, demandez de l'aide!

J'espère que mon article vous aura donné des bonnes pistes pour bien démarrer votre allaitement. Maintenant, faites-vous confiance, et bonne chance!

À la prochaine!

Sources:
Initiative ami des bébés
LA LECHE LEAGUE, The Womanly art of Breastfeeding, Ballantine Books, 2010, United States of America, 547 p.
GASKIN, INA MAY, Ina May's Guide to Breastfeeding, Bantam Books, 2009, United States of America, 340 p.


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