Jan 25, 2013

Pourquoi tous les futurs parents devraient avoir recours aux services d'une accompagnante à la naissance

Bonjour!
J'ai déjà parlé des avantages d'avoir recours aux services d'une accompagnante à la naissance, mais les bénéfices de ce service vont beaucoup plus loin. Selon, moi, et pas nécessairement parce que c'est ce que je fais comme travail, tous les futurs parents devraient avoir recours à ce service qui peut faire une différence significative dans la façon dont ils accueilleront leur enfant et qui aura des effets bénéfiques pour toute leur vie de parent et celle de leur(s) enfant(s).

Saviez-vous que:
- Malgré leur accès à des technologies de pointe et leur ''modernité'', les États-Unis d'Amérique ont un taux de mortalité maternel et infantile parmi les plus élevés des pays industrialisés (24 décès maternels/100 000 naissances vivantes, Au Canada ce taux est de 12/100 000, et en France il est de 8/100 000, données de l'OMS en 2008);

- Malgré les années de ''progrès'', le système médical n'est pas parfait;

- La surmédicalisation des accouchement peut potentiellement causer des séquelles à vie pour le bébé et/ou la maman, que ce soit des séquelles physiques ou psychologiques;

- Même si on est en 2013 (déjà, ouf!) force est de constater que le système médical dans lequel nous sommes n'offre malheureusement pas toujours les conditions optimales (même si ça commence doucement) pour que la naissance se déroule le mieux possible;

-Les protocoles hospitaliers sont conçus pour les grossesses et les accouchements à risques, et non pas pour la majorité des femmes qui peuvent accoucher sans problème et sans complication;

-Malgré toute leur bonne volonté, les médecins n'ont pas le temps de répondre aux questions de leurs patientes et de les informer complètement sur tous les paramètres de l'accouchement et sur les choix qui s'offrent à eux.

- Les interventions médicales lors de l'accouchement peuvent créer des problèmes au lieu d'en régler, et ainsi causer une cascade d'interventions et de complications.

À la lumière de ce que je viens d'étaler, il y a des moyens d'optimiser vos chances et de vous préparer consciemment à la naissance de votre enfant. D'où l'intérêt d'avoir recours aux services d'une accompagnante à la naissance.

Une doula informe, vulgarise et est une bibiliothèque ambulante d'information. Elle répond à vos interrogations et vous donne les renseignements pertinents tout de suite et vous sauve d'avoir à éplucher des dizaines d'ouvrages pour trouver ce que vous cherchez, ou alimenter vos réflexions. En tant que doula, je m'informe et me forme en continu et recueille sans cesse de nouvelles données. J'ai le souci d'être toujours à la fine pointe de l'information et des enjeux actuels autour de la périnatalité.

Grâce à tout ce savoir, une accompagnante vous aide à faire des choix éclairés pour vous préparer aux protocoles hospitaliers conçus pour les naissances à risque. Les parents sont ultimement responsables des conditions de la venue au monde de leur enfant. C'est risqué de vouloir s'en remettre aveuglément au système médical. Vous avez le droit de dire NON si vous n'êtes pas à l'aise avec une intervention qui vous est proposée.

Lors de l'accouchement, la doula défend les intérêts des parents et est là pour faire valoir leurs opinions à un moment où ils sont vulnérables. De plus, connaître les conditions optimales pour l'accueil du bébé permet de favoriser le premier contact ainsi que d'aider à tisser un fort lien d'attachement avec lui dès ses premiers instants. Savez-vous ce que signifie lien d'attachement? C'est précisément l'un des multiples sujets sur lesquels votre doula peut vous préparer. Toute cette information et cette préparation permet de faire une différence dans votre vie future et dans la relation que vous aurez avec votre enfant.

Le coût d'un suivi privé d'accompagnante à la naissance est minime en comparaison aux avantages obtenus pour le mieux-être de ce que vous avez de plus précieux: votre enfant à naître. C'est un investissement qui aura des effets bénéfiques sur toute votre vie de parent et celle de votre enfant. Pensez-y!

Bonne journée!

Sources:
Tendances de la mortalité maternelle sur la période 1990-2008 (OMS)
The Buisness Of Being Born, Ricki Lake et Abby Epstein, 2008 (film)

Jan 13, 2013

Cette fameuse DPA...

C'est pour quand? La question que toute femme enceinte finit par redouter, et cette fameuse date déterminée par de petits tests et calculs qui devrait annoncer la venue du petit trésor. Mais à quel point faut-il se fier à cette date, que le personnel médical semble prendre très sérieusement? Est-t-il possible de se tromper? Quels sont les risques réels de ''passer tout droit''? Et combien de femmes accouchent réellement à la date prévue?

La DPA, ou Date Prévue d'Accouchement, est une date déterminée soit par un calcul simple d'après la date de début des dernières règles, soit par échographie en mesurant le bébé. Elle est supposée prédire la date ou le bébé doit naître. En anglais, on l'appelle la due date. Il arrive souvent que d'un échographie à l'autre, la DPA change, et il peut y avoir jusqu'à 10 jours de marge d'erreur. Dans ces cas-là la meilleure chose à faire est de garder en tête la date la plus éloignée.

Le premier problème avec la DPA, c'est qu'elle est calculée en tenant compte que toutes les femmes ont un cycle menstruel de 28 jours. Pourtant, c'est loin d'être le cas, et lorsqu'une femme a un cycle plus long, plus court, ou irrégulier cela signifie que sa date d'ovulation est différente, et donc que le bébé n'a pas réellement l'âge gestationnel qu'on lui donne. Donc oui, il est possible de se tromper de date.

Une autre chose à considérer, c'est que d'un continent à l'autre, les systèmes médicaux ne semblent pas s'entendre sur la durée de la gestation. Au Québec, on dit qu'il faut calculer 40 semaines, et en Europe c'est 41. Pourtant, le corps des Canadiennes et celui des Européennes n'est pas différent... Pourquoi alors priver les bébés d'une semaine de plus dans le ventre de leur maman? En général, une grossesse dure entre 37 et 42 semaines.

Quels sont les risques réels de passer tout droit? Le bébé est-t-il vraiment en danger passé 41 semaines? Le fait de passer cette date cause souvent beaucoup de stress et d'impatience aux futures mamans. Les inconforts se multiplient, l'impatience augmente, les proches ont hâte de voir le bébé, et surtout, on commence à sentir la pression du médecin pour l'induction.  Le risque premier par rapport à un accouchement tardif est surtout en relation à la taille du bébé. Même si c'est parfaitement possible de mettre au monde un gros bébé de façon naturelle, ça fait peur. Il y a aussi le risque que le bébé, rendu trop gros, manque de place et de liquide amniotique. Certains autres risques, incluent un taux de mortalité périnatale légèrement plus élevé et un risque d'asphyxie du nouveau-né. Par contre, il est vraiment très difficile d'évaluer clairement ces risques, car dans beaucoup de cas, les complications peuvent être reliées à d'autres problèmes préexistants et n'ont rien à voir avec la postmaturité du bébé.

Ensuite, il existe des façons de vérifier l'état du bébé et son bien-être avant de prendre une décision trop hâtive, comme faire un test de réactivité foetale, un profil biophysique, ou/et une échographie pour déterminer la quantité de liquide présent.  L'instinct d'une mère est aussi un très bon indicateur.  En général, tant que le bébé est bien et que tout est en règle, il n'y a pas à s'inquiéter. Aussi, étant donné que les cycles menstruels des femmes sont différents, et qu'il y a une marge d'erreur dans le calcul de la DPA, il faut penser qu'il arrive qu'un accouchement soit déclenché en pensant qu'un bébé est à terme, mais que celui-ci naisse légèrement prématuré à cause de l'erreur de calcul. Il vaudrait donc mieux laisser les choses aller d'elles-mêmes tant qu'aucune condition médicale ne dicte le contraire. De plus, par rapport à la taille du bébé, il y a une bonne marge d'erreur avec les estimations de poids par échographie, allant parfois jusqu'à 1kg dans les deux sens.

À mon avis, au lieu de pousser l'induction à partir d'un nombre de jours précis, on devrait offrir à la mère de passer ces tests pour vérifier le bien-être du bébé, et la laisser décider par elle-même si elle préfère attendre ou si elle évalue qu'il vaudrait mieux déclencher. Il ne faut pas oublier que de déclencher artificiellement un accouchement comporte des risques pour la mère et le bébé, entre autres le risque de finir en césarienne est largement augmenté. Sachez aussi qu'il existe de multiples moyens naturels pour encourager le travail à commencer si le temps commence à se faire long et que le milieu médical commence à faire pression. Il suffit de s'informer!

Jusqu'à quel point faut-il se fier à cette date? En fait, la DPA n'est qu'une indication, une estimation de quand à peu près le bébé devrait naître. Selon moi, on devrait l'appeler la ''date d'estimation d'accouchement''.  En moyenne, seulement 5% des femmes accouchent le jour même de la date prévue. 90% d'entre elles accoucheront entre deux semaines avant et deux semaines après. C'est pas pour rien que certains magasins offrent de rembourser les achats des futurs parents si le bébé naît à la date prévue, car les chances que cela arrive sont très faibles!

Une autre chose à retenir, c'est que l'être humain n'est pas une machine. Chaque bébé est différent, et peut prendre plus ou moins de temps avant d'être prêt à naître. Pensez au fait qu'aucune fille n'a ses règles en même temps. Il n'y a pas de règle scientifique dictant le développement de l'être humain de façon précise. C'est pareil pour les petits bébés. Le Dr Michel Odent a dit: «Selon la sagesse traditionnelle de l'Europe rurale, un bébé dans l'utérus est comme un fruit sur l'arbre. Tous les fruits d'un même arbre ne sont pas mûrs en même temps. Un fruit cueilli avant d'être mûr ne sera jamais bon et se détériorera rapidement. Il en est de même pour un enfant. En d'autres termes, il était bien établi que certains bébés ont besoin de plus de temps que d'autres pour être "mûrs", prêts à naître.»

Pour conclure, la DPA n'est qu'une indication, mais pas un absolu. Chaque femme est différente, et chaque bébé aussi. Évaluez vos options, et n'oubliez pas que même si parfois il semblerait que c'est une obligation,  personne ne peut vous forcer à subir une intervention médicale si vous n'êtes pas d'accord. Pour plus d'informations sur l'induction, je vous invite à aller lire ce billet: Induction, pistes et réflexion

À bientôt!

Sources:
BRABANT, Isabelle, Une naissance heureuse, Éditions Saint-Martin, Montréal, 2008, 438 pages
GASKIN, Ina May, Spiritual Midwifery, Bok Publishing Company, Summertown, 2002, 480 pages
ODENT, Michel, Césariennes: questions, effets, enjeux: Alerte face à la banalisation, Éditions Le Souffle d'OR, france, 2005, 183 pages
http://lajournalisteitpinketgreen.over-blog.com/article-dpa-fluctuante-hesitation-date-presumee-accouchement-69427766.html (photo)



Jan 4, 2013

Enfin de retour!

Bonjour à toutes et à tous! Pour commencer, je tiens à vous souhaiter une bonne et heureuse année 2013 et j'espère que tous vos souhaits les plus chers se réaliseront! Pour ma part, me voilà de retour au bercail, et mes articles vont maintenant reprendre leur rythme habituel!

Cette semaine je vous envoie sur le blog du centre Pleine Lune, où j'ai écris un texte qui a pour titre: Manifeste sur le choix éclairé.

Bonne lecture, et à bientôt!